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Né en 1962, Olivier Vanderaa, poète slameur, participe à de nombreuses scènes ouvertes, tournois et festivals de poésie, avec pour thématiques récurrentes les chemins de vie, amour/désamour et fortune, anciens et nouveaux dieux, sexe, mort et renaissance. Il écrit également de la docu-poésie et des poèmes à deux voix. Depuis peu, il se produit sous une formule Spoken Word, Chambres Habitables.
Il a également pratiqué la prise de son pour le film de fiction et le documentaire, la photographie en tant que langage plastique et l’exploration de contextes urbains à l’aide des Nouveaux Médias (Médias Locatifs).


Olivier Vanderaa
© Marie-Do

Abreuvements nécessaires
Illustration de couverture :
© Olivier Vanderaa



Abreuvements nécessaires

Poésie



72 pages
ISBN papier : 978-2-8070-0032-2
ISBN e-book PDF :
978-2-8070-0036-0
ISBN ePub : 978-2-8070-0037-7
2015 – 13,00 EUR
e-books : 8,49 EUR




Extrait

l'autre moitié du ciel
 
là où gisait cette plaie
mélancolique
de violes & de luths en ruine
maussade baladin diaphane
sous l'ondée sous la bruine
où coulaient mes larmes mes sept pavanes
tristes fontaines de larmes vraies
 
je porte maintenant cet amour
si cher
dans la durée
tant couronné
en cœur de vertige – en ronde & voltige
je danse la gaillarde
 
en mon sein c'est un enfant
magnifique fruit
fi de ces pleurs antiques
fi de ces maigres rapines
ces tracas ces idylles qui piquent
 
je porte maintenant cet amour


Ce qu'ils en ont dit
Le slam de l’amour impossible et à jamais reconduit

Des poèmes hantés par l’étreinte et la régénération, donc par le manque et la création. Des poèmes essaimant le territoire de l’intime et du fertile. Des poèmes chantés, slamés, pour être entendus.
Voici ce que donne à lire Olivier Vanderaa dans ces chutes de mots à flots, en flow à flux tendu. Les mots sont pris dans un élan vers le bas, vers le ventre, mais c’est aussi bien un envol, un désir de ciel ancré dans la chair.
rien de sûr
rien d’établi
personne aux abris
époque erratique
avant peut-être
l’explosion symphonique
la juste mesure
le déploiement des ramures
cet arbre-âme
malgré les ratures
Mais les pulsions nous enracinent autant qu’elle nous délivrent.
obsessions funestes
qui n’ont de cesse de nous assaillir
qu’y a-t-il au fond du rêve doré
tant que nos âmes s’y promènent
une issue se joue de nous incarcérés.
Le poète cherche dans le fouillis des jours, dans l’espace des désirs une musique subtilement assemblée. Une direction… Une voie qui passerait par la voix et toutes les exultations. Autrement dit, un sens nourri des sens.
j’encense la pureté volatile
j’épure
j’étrenne d’autres voies de toi à moi.
Les portes des corps sont pour Vanderaa, on le comprend, des points de jonction entre les esprits, les voies de passage qui dépassent toutes les frontières : des failles existentielles.
Mais la décharge orgasmique engendre-t-elle un apaisement conséquent, une ouverture durable au monde, à soi ? On sent le poète avide de se perdre dans l’autre en tant que corps pour jumeler son âme à son double, pour oublier la gravité de l’existence, les souvenirs désolés de solitude: l’autre versant du plaisir sensuel.
Dans son avant-propos l’auteur écrit : « Plonger dans ce monde de passions auxquelles on n’échappe pas , qui nous sont nécessaires pour avancer, jusqu’à la fin. Condamnés à nous en abreuver. »
En amant des champs fertiles, en amoureux fou, il va de l’avant, assuré d’un éternel recommencement, assumant son déni, son renom car le monde n’est pas fini et innombrables sont les territoires d’enchantement. C’est un pari, une audace.
l’espace au-delà de nous
& dedans
est immense
Comme est vorace le vouloir des âmes affamées de fusionner, de faire feu ensemble vers un point flamboyant de l’espace tendre.
je veux juste
incorrigible chevalier désarçonné
me prélasser me répandre m’unifier
me fortifier
gagner du temps d’ossuaire.
D’Erossuaire, a-t-on envie d’ajouter. Car le poète joue la montre de l’eros contre le cimetière des sensations.
Son destrier, ce sont les mots, le chant, la poésie, ce slam de l’amour impossible et à jamais reconduit.

Né en 1962, Olivier Vanderaa qui participe depuis plusieurs années à de nombreuses scènes ouvertes et festivals de poésie signe ici son premier recueil de poèmes. Il y en aura d’autres!

Éric Allard, Les Belles Phrases

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Un extrait lu par Guy Stuckens dans son émission "Cocktail Nouvelle Vague", sur Radio Air Libre


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Sur la couverture, un imposant menhir sur lequel un couple pose, nu. Un intense brouillard enveloppe la campagne avoisinante qui met en évidence l’énigmatique titre de ce recueil : Abreuvements nécessaires, accompagné du sous-titre : poèmes. Une indication générique qui trouble davantage qu’elle informe.
En effet, la lecture des premiers vers nous laisse quelque peu sceptique : est-ce vraiment des poèmes, ces bribes de textes alignées verticalement ? L’auteur, Olivier Vanderaa, est un homme de son temps et sa poésie est celle des poètes contemporains, exempte de structures formelles strictes ou de figures poétiques classiques :
Lilas / porte du printemps constitué / en scénario d’attente / sur mon attirail / de guerrier impeccable / ma crête en bleu / j’entraîne le courant / je refais ma gamme / je peaufine mon couloir mon accès / j’éloigne l’ombre au passage
Aussi voit-on que la poétique d’Olivier Vanderaa reste très proche de l’oralité de laquelle elle est née car l’artiste est avant tout un « poète slameur », un homme de la scène. Ce faisant, sa poésie est un hymne au langage, celui de la littérature, mais aussi du quotidien. Un langage simple, direct, sans fioritures aucunes.
Mais de quoi parle-t-elle cette poésie ? Les thématiques se livrent, pages après pages, avec beaucoup de rythme : l’amour, la vie, le quotidien, la tristesse. Rien de très original, mais l’intérêt du recueil n’est pas là. Pour Olivier Vanderaa, le sujet de ce premier recueil n’est pas tant, nous semble-t-il, de raconter ou d’écrire, mais davantage d’exprimer, de dire, en tentant d’échapper à un piège souvent très problématique pour les slameurs : rendre à l’écrit la magie de l’oralité. Or, indéniablement, la lecture silencieuse et solidaire de ce recueil nous emporte, vers la scène, vers la foule.
À lire Olivier Vanderaa, on le voit devant un public, lisant debout, un micro comme simple accessoire. Abreuvements nécessaires est un recueil qui conduit vers la scène mais aussi qui s’en éloigne. N’est-ce pas finalement ce qu’on attendrait d’un recueil d’un poète-slameur ?

Primaëlle VERTENOEIL, Le Carnet et les Instants



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La poésie fiévreuse et incandescente, aux fulgurances parfois brutales, le lyrisme de ce slameur rengagent profondément dans notre monde contemporain dont il semble vouloir aborder tous les thèmes, de l'amour à la mort, du désarroi de la condition humaine au dépassement de soi et à l'exigence de vivre. Cette explosion de mots cache ou révèle une grande révolte et une grande tendresse. On sent une réelle sincérité dans cette poésie qui se cogne à toutes les aspérités et périls de la vie et questionne les mystères de la mort.

Maurice Cury, Les Cahiers du Sens (à paraître).

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Comme l’annonce la quatrième de couverture, il est poète slameur, ça se sent, ça s’entend tout de suite dans le rythme des séquences, des syntagmes bien détachés, lents ou rapides, surtout dans les sonorités des consonnes dures, d, g, : « Je danse la gaillarde », et des voyelles qui rebondissent en créant un maillage d’allitérations clair original : « cette moitié-ci m’appartient/ à moi frais sorti de la ravine/ où je voyais me anciens amis/ les meurtris/retranchés/ machicoulis pont-levis/ &tirs de couleuvrines » : admirons le danse des i.
Eros et Thanotos : éros surtout, érotisme à la fois audacieux et voilé. Un peu de mysticisme aussi, appel au tao et un peu de géographie légendaire . « sagaces mers des Sargasses où se fécondent nos sucs entremêlés/ ton corps /comme le désir à l’âme/ viens me frayer me bousculer »...
De l’humour aussi, pour cacher l’émotion : « face à mon calme apparent de flamand rose apatride / à qui tu apprends à voler » …
On espère une suite.

Michèle Duclos, Temporel
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