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Ardennais de naissance et liégeois d'adoption,
Jean-Pierre Balfroid,
après une carrière de juriste, se partage entre sa famille, la marche en forêt ou à la mer et l’écriture.
Le choix de Mia est son premier roman.

Jean-Pierre Balfroid

Le choix de Mia


LE CHOIX DE MIA

Roman, 2020
284 pages
ISBN : 978-2-8070-0225-8 (livre) –  978-2-8070-0226-5 (PDF) –  978-2-8070-0227-2 (ePub)
20,00 EUR

Aux obsèques de Mia, Jean disjoncte et révèle à l’assistance médusée sa liaison avec la « parfaite épouse, mère de famille et enseignante » que l’on enterre, déclenchant une échauffourée dans une église qui n’en demandait pas tant. Relâché après une brève garde à vue, il revit leur amour nomade dans des chambres d’hôtels, chacune représentant un nouveau commencement et une ode à la vie, après avoir longtemps végété comme ami de la famille entre la femme qu’il aimait en silence, le mari obnubilé par son musée des deux guerres, deux ados révoltés contre la discipline à l’ancienne imposée par leur père, sans oublier sa propre mère mêle-tout et quelques figurants peu banals.
La vie, toutefois, ne s’arrête pas avec la disparition d’une femme follement aimée…
Un roman qui louvoie en permanence entre tension dramatique, non-conformisme social et humour aux confins du non-sense.




e-book
11,99 EUR




Extrait


Que vais-je pouvoir dégoiser ? Je n’accepte pas non plus la mort de Mia. Alors j’ai un peu bu. À vrai dire beaucoup. Je remonte clopin-clopant l’allée centrale en direction du chœur. Sur le cercueil, une ancienne photo de Mia. Je me demande pourquoi Yann n’en a pas choisi une plus récente, elle était si ravissante encore au moment de sa disparition, avec ses yeux vert clair taillés en amande et sa chevelure paille cascadant autour de son visage ovale. Mais ce n’est pas le moment de pinailler à propos d’une photo, la foule attend, dans un silence que soulignent quelques timides toussotements et grincements de chaises. Un silence qui décuple ma frousse. […]
La voûte descend sur moi et m’écrase, les murs se rapprochent, je respire difficilement. Je ne vois pas les gens, je ne veux pas les voir. Ils me dégoûtent, à déjà se régaler des paroles pathétiques que je suis censé leur débiter. Et Yann, pourquoi me joue-t-il un tour pareil ? Je le cherche, mais ma vue se brouille. Il n’y a plus personne dans l’église. Plus que Mia et moi. Mia figée, glacée dans son cercueil étincelant, et moi complètement éteint, gris comme la cendre. Je m’entends dire Mia, quand je t’ai rencontrée, voici cinq ans, je t’ai aimée d’un seul coup. Je ressens encore aujourd’hui la violence de ton appel. Je t’ai désirée tout de suite. Je m’étais juré de ne jamais te l’avouer pour ne pas te troubler. Oui, Mia, je t’aimais à ce point, jusqu’à l’effacement. Avec ton mari et tes enfants, nous nous retrouvions tous les mois, soit chez toi, soit chez moi. Deux années, deux longues années durant lesquelles j’ai muselé mon cœur. Et un jour de courage, ou de faiblesse, je ne sais, je t’ai révélé mon terrible secret. Et nous devînmes amants, comme emportés par un tourbillon. Mia, mon amour, j’aimais tant te retrouver dans une chambre d’hôtel. Nous ne réservions jamais la même, c’était un peu comme si nous promenions notre amour à travers toute la ville. Un amour nomade. Ah ! ces chambres ! Tout en elles distillait le plaisir, la joie, la complicité : les persiennes filtrant la lumière, les fauteuils accueillant nos vêtements arrachés, la douche assez vaste pour nous deux, les essuies éponges qui préparaient nos corps pour la fête, et le lit, ah ! le lit, impatient de nous offrir ses draps blancs et parfumés…





Ce qu'ils en ont dit

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Le jour des funérailles de Mia, Jean révèle à tous sa liaison avec celle qu’on inhume. Une mère de famille exemplaire, une enseignante appréciée et une épouse fidèle. Son aveu déclenche la colère des proches, qui crient à l’insulte. Une échauffourée s’engage et oppose le veuf à l’amant. L’intervention de la police calme les deux parties. Relaxé après une courte garde à vue, il se remémore sa liaison intense et, jusque-là, tenue secrète. Le film du passé se libère devant ses yeux et lui livre une série d’images ardentes. Il revoit surtout ces chambres d’hôtel anonymes, où tous deux pouvaient donner libre cours à leurs désirs, loin du regard des autres et sans craindre une dénonciation. Chaque porte fermée derrière eux représentait un commencement, un renouveau, une étape supplémentaire mise au service d’un amour illicite. Malgré le deuil, le protagoniste sait que l’existence se poursuit quoi qu’il advienne et que personne ne peut dénouer ce qui a été attaché. Il évoque les moments de félicité, son statut d’ami de la famille, un père autoritaire et une mère mêle-tout. Dans son crâne, tout se met subitement à s’agiter, à se reconstituer comme un puzzle aux mille pièces égarées çà et là. Jean-Pierre Balfroid propose une mosaïque un brin nostalgique et qui se parfume d’effluves d’autrefois. « Le choix de Mia », son premier roman, louvoie en permanence entre tension dramatique, non-conformisme et humour aux confins du non-sense.

Sam Mas, Bruxelles-Culture

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Le scénario est captivant, le rythme alerte, le style efficace, beaucoup d'humour et des petites fleurs d'une grande poésie parsèment tout le livre.
Les personnages évoluent, comme dans la vrai vie, leur psychologie n'est pas figée dans leur caricature originale. Les surprises et retournements de situation sont nombreux et tout à fait crédibles. C'est un ravissement que de lire ce livre, on est devant une histoire qui, par beaucoup d'aspects, est très crédible et l'on se prend à penser que certaines scènes sont assez proches de notre propre vécu. Même certaines scènes particulièrement comiques drôles restent crédibles, . Je me rends compte que nous vivons des situations parfois très drôles sans nous en rendre compte. le tout est de discerner leur comique.
J'ai parfois ri aux éclats, Il est rare de rire tant en lisant des livres qui traitent de problèmes comme l'adultère, le divorce, le harcèlement.

Guybab, Babelio

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Les 20 premières pages s'annonçaient pourtant bonnes : de l'humour noir, une pointe d'absurdité et une belle répartie. La truculente scène d'ouverture se transforme en un retour sur le passé sous forme de cahier posthume pour Mia et souvenirs de Jean. L'effet de départ tombe un peu à plat, dommage.
On revient ensuite au présent, avec quelques scènes abracadabrantes. Quelques-unes sont réussies (j'ai bien aimé la scène du docteur qui trouve un lien entre culture et cancer), mais la plupart n'apportent rien. J'avais plutôt l'impression qu'elles servaient uniquement à aborder divers sujets d'actualité (terrorisme, viol, suicide, médecines alternatives, etc.), mais à chaque fois, tout retombe comme un (mauvais) soufflé.
Je suis déçue, car l'écriture est agréable, et l'histoire se déroule dans ma ville. À part la scène aux obsèques, le reste manque cruellement d'humour que pour pouvoir se détacher des horreurs qui nous sont contées. En fermant le livre, je me dis que le monde est quand même bien pourri. Avais-je besoin de ce livre pour m'en rendre compte ? Non, bien évidemment, mais j'aurais préféré en rire plutôt que d'en pleurer...

Beautylicious, Babelio

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J'ai adoré le premier chapitre qui se déroule pendant l'enterrement de Mia. J'imaginais la tête de l'assemblée pendant le discours de Jean , l'amant . J'ai jubilé !
J'ai aimé les chapitres où Mia raconte ses souvenirs dans un journal posthume donné à Jean. Certains sont émouvants.
Les souvenirs de Jean m'ont paru moins intéressants du moins jusqu'à sa rencontre avec Mia.
Certaines réparties dans les dialogues sont efficaces et m'ont fait sourire.
En plus de l'adultère , des thèmes actuels comme le terrorisme, le harcèlement sont abordés.
De belles tournures de phrases sont présentes et l'écriture est fluide.
J'ai passé un bon moment.

StephG54, Babelio

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Quoi de neuf docteur ?

Le récit débute sur un geste fort : médecin gynécologue de son état, Jean, qui assiste aux funérailles de son amante, est invité par le mari de la défunte à prendre la parole et il lâche le morceau devant l’assemblée médusée. Mia, cette jeune femme que l’on pleure était aussi sa bien-aimée et avec sa perte, le sol se dérobe sous ses pieds. Il s’ensuit une rixe avec l’époux en colère, la police est appelée, le carabin insolent emmené au poste.
Cet épisode passé, l’auteur revient sur la genèse de cette relation. Jean est marié lui aussi et son couple vit ses derniers moments alors qu’il annonce à un groupe d’amis son divorce imminent. Mia et Yann, son mari, sont présents. Ce dernier repas pris ensemble sonne le glas d’une forme d’innocence, feinte ou non. Jean est libéré et il se rapproche de Mia qui est malmenée sous ses yeux par un conjoint bourru et macho. Avec Jean, la jeune femme découvre la douceur et le réconfort, ils deviennent amants dans le prolongement de cette complicité. Et lorsque l’aimée est atteinte d’un cancer qui se soldera par son décès prématuré, Jean sera l’accompagnant tout désigné et légitime. Il sera aussi le confident de la malade. Ses a
veux publics après le décès bousculent la donne, mais passé l’affrontement avec le mari détrôné, il demeure un proche des enfants face à un père qui s’avoue dépassé et faible. Il sera le soutien évident lorsque des difficultés surgiront qui nécessiteront son intervention bienveillante.
Le récit, placé sous le point de vue de Jean qui s’affirme en narrateur, suit un mouvement rapide. Si sa relation avec Mia semble appelée à occuper l’avant-scène, elle laisse place par la suite à des épisodes sans lien direct avec celle-ci au cours desquels sont abordées des thématiques telles que le harcèlement sur les réseaux sociaux. Jean-Pierre Balfroid a bâti le récit comme une suite de séquences qui font songer aux séries télévisées et son approche des questions sociétales (la vie en couple, l’amitié, l’euthanasie, les attentats terroristes, les dérives des relations destructrices entre adolescents) confirment qu’il se situe bien dans cette veine. L’insistance mise sur le statut et le rôle spécifique du médecin ajoute une dimension supplémentaire au récit, celle de l’éthique des métiers de la santé, avec l’exigence de la juste distance, du secret professionnel. Sans oublier de parler par ailleurs des questions posées par leur transposition dans une œuvre artistique.
Mine de rien, Le choix de Mia est donc bien plus que la chronique d’une relation amoureuse. Envolé, vif, drôle parfois, le récit est une forme de miroir tendu à notre monde qui évite la dramatisation excessive tout en abordant avec nuance des thématiques sensibles bien ancrées dans la réalité contemporaine.

Thierry Detienne
, Le Carnet et les Instants.
 
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[…] Un premier roman très riche […] l'histoire d'un adultère assez corsé, qui trouve son aboutissement en un pugilat lors des obsèques de l'héroïne. Mais ces obsèques ne sont pas un point final : l'héroïne, avant de décéder, a demandé à son amant de garder un œil sur l'éducation de ses deux enfants, fille et garçon. Débute alors une seconde partie, sur un thème hélas de plus en plus fréquent dans notre société, le harcèlement dans les écoles, via Internet. Entre-temps, un attentat de kamikaze islamiste, décrit avec une précision remarquable. Enfin, couronnant le tout, ce harcèlement, remarquablement écrit lui aussi, et la tentative de suicide de Romane, la fille de Mia, et sa lente guérison…
On le voit, un roman très riche, […] une sorte d'eutrophisation, avec des thèmes qui sont d'actualité, des personnages hauts en couleur : l'amant est gynécologue, le mari, lui, collectionneur d'objets remontant à la Seconde Guerre mondiale. L'auteur a de la verve et du style, vous ne risquez donc pas de vous ennuyer […]

Joseph Bodson, Reflets Wallonie-Bruxelles.







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