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Romancière, nouvelliste et biographe née à Bruxelles,
Françoise Pirart
a d’abord mené des activités professionnelles variées – élevage de chevaux, vente, secrétariat, traduction d'ouvrages anglo-saxons – avant de se consacrer à l’écriture et à la langue française.
Elle enseigne aujourd’hui le français à des élèves adultes d’origine étrangère.
Elle rédige également des biographies pour ceux qui souhaitent laisser une trace ou un témoignage.
Son œuvre, forte de plus de vingt titres, a obtenu plusieurs prix littéraires.



Françoise Pirart
Photo de l'auteur : © Liliane Schraûwen

Tout est sous contrôle
Photo de couverture :
© fr.depositphotos.com
TOUT EST SOUS CONTRÔLE

Nouvelles, 2022
164 pages
16,00 EUR
ISBN : 978-2-8070-0329-3 (livre) – 978-2-8070-0330-9 (PDF) – 978-2-8070-0331-6 (EPUB)

Avez-vous déjà croisé votre double, votre alter ego, mais qui aurait quinze voire quarante ans de moins que vous ? Ou commis un acte involontaire très embarrassant ? Ou aperçu un chat qui volait dans les airs comme un oiseau ? Dans ces vingt nouvelles, qui sont autant de moments pris sur le vif, il est question d’un toboggan indésirable, d’un conférencier extravagant, de lettres anonymes, d’une mystérieuse cravate, d’une bourgeoise « prout ma chère », de fantômes bien réels, de retrouvailles nostalgiques devant un vieux kiosque, de désarrois littéraires ou amoureux… Chaque personnage, du plus sincère au plus cynique, du plus rêveur au plus terre-à-terre, trouvera une raison d’exister. Et peut-être même le bonheur absolu ?

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Extrait


L’image reflétée lui montre un homme âgé, très âgé même, au port de tête altier, à la carrure large, aux mains noueuses et tachetées. Le corps a conservé sa sveltesse, bien que le vêtement informe ne l’avantage guère. Les yeux sont d’un bleu gris d’acier, le nez long et légèrement busqué est harmonieux, la mâchoire volontaire. Un visage de chef, tout ce que les autres ont aimé en lui. Les autres, c’est-à-dire les Français, celles et ceux qui lui ont accordé leur confiance pendant ses longues années au pouvoir. Celles et ceux : une formule qu’il a souvent privilégiée, afin que la gent féminine ne se sente pas délaissée. Mais il doit le reconnaître, le ceux aurait suffi puisqu’en grammaire, le masculin l’emporte toujours. Savoir parler au peuple, le flatter, le séduire, telle a été sa devise, qui s’est révélée payante.
Même si sa mémoire immédiate lui joue des tours, les souvenirs de sa glorieuse époque lui apparaissent parfois par flashs successifs plus ou moins rapprochés, avec une netteté particulière : l’inoubliable soirée du dimanche 7 mai, quarante-cinq ans auparavant, quand les battements de son cœur s’étaient accélérés juste avant l’annonce officielle des résultats électoraux […]




Ce qu'ils en ont dit


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«  Tout est sous contrôle ! » nous dit le titre, suivi d’un point d’exclamation pour appuyer le propos, comme s’il ne fallait point en douter. On y rencontre des personnages bien cadrés, la cravate s’ajuste dans un costume noir sans fantaisie, comme le suggère la couverture. Et pourtant à lire ce recueil de nouvelles, nous sommes témoin de certitudes qui vacillent, de pertes de mémoire, d’une photocopieuse dérangée, de rendez-vous manqués, d’égarements et autres dérapages dans de tranquilles quotidiens… Le livre nous emmène dans les limites de l’esprit cartésien, quand la vieillesse fait son œuvre, quand un système bien huilé déraille. L’homme est tout simplement humain.
A priori, les vingt nouvelles ne forment pas un ensemble. Mais de fil en aiguille, des liens se tissent entre elles ; un détail ou un personnage permet de passer d’une histoire à l’autre. C’est par exemple un couple qui emménage dans la maison voisine du personnage d’une autre histoire. Ou encore un chat qui apparaît à certains moments quand il n’est pas le héros… On se prend à chercher le détail qui fait mouche.
Les sujets sont abordés avec beaucoup de tendresse quand il s’agit de plonger dans l’atmosphère d’une maison de repos ou avec une certaine moquerie quand Françoise Pirart dépeint la fin de vie d’un vieux président. Sa carrière politique se résumerait à « une vie d’apparence et de tromperies ».
Certaines nouvelles sont écrites avec rythme, le suspense est au rendez-vous, la chute ouvre une porte et l’histoire continue selon la personnalité du lecteur. « Grâce féline » en est le meilleur exemple. La nouvelle se développe sans temps mort, chaque phrase mène le lecteur au plus profond de l’intrigue. Ce sera aussi un texte court qui tient sur une seule page ou encore un exercice de style, un peu en dehors du recueil.
Des tranches de vie se balançant au gré des humeurs…

Catherine Berael, Reflets Wallonie-Bruxelles


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QUELQUES PERTES DE CONTRÔLE
Dans un recueil au titre ironique, « Tout est sous contrôle ! », Françoise Pirart met en scène des personnages qui sentent leur vie leur échapper.
Sa femme ne lui parle plus, et quand il lui adresse la parole. elle ne semble pas l’entendre. Que se passe-t-Il vraiment, dans cette maisonbunker que leurs amis Luc et Jessica leur ont demandé de garder en leur absence ? Les deux couples se connaissent depuis plus de dix ans, mais, après que Luc lui a demandé, en tant qu’architecte, de repenser la configuration de son habitation pour la transformer en une espèce de forteresse, il sent que quelque chose déraille. D’autant plus qu’il a bien cru apercevoir un chat. Or, il sait que Jessica ne les supporte pas. Et voilà que le voisin lui affirme que ce n’est pas « une bonne maison » !
Située au milieu du recueil dont elle est la plus longue nouvelle, Grâce féline, empreinte d’un mystère subtilement créé (et partiellement dissipé), met en scène un homme qui sent la réalité lui échapper. C’est le cas aussi du directeur de la C.A.R., la Confédération des associations réunies regroupant aussi bien le « Comité de quartier ixellois pour le ramassage obligatoire des poubelles les lundis de Pâques » que l’association japonaise « Piano à quatre mains », qui constate que sa précieuse photocopieuse n’en fait qu’à sa tête (Le Directeur est absent). Ou de Joris qui, dans la salle de sport où il s’entraîne, parce qu’il a lâché un « vent » qu’il est convaincu que tout le monde a entendu, n’en peut plus de vouloir s’excuser (Patience, mère des miracles). Ou encore d’un père venu rechercher sa fille à l’école maternelle qui se retrouve dans la peau d’un enfant de 5 ans (Mademoiselle a dit). Et même d’une cravate désolée d’être si rarement arborée par son propriétaire (Fïdèle).
Dans ce recueil aussi riche que varié, apparaissent également Emmanuel Macron en octogénaire peinant à retrouver le nom de Mélen¬chon (!) et Johnny Hallyday à travers les paroles de quelques-uns de ses tubes. « Chaque personnage, du plus sincère au plus cynique, du plus rêveur au plus terre à terre, trouve une raison d’exister. quitte à perdre un peu – ou beaucoup – le contrôle de sa vie », commente Françoise Pirart. Avec Tout est sous contrôle, la romancière et nouvelliste, autrice d’une œuvre abondante depuis le début des années 90, confirme son talent pour cerner, à travers ses histoires et personnages, la complexité de l’âme humaine.

Michel Paquot, L’Avenir.



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Anamorphoses et mémoires confuses

D’emblée le titre – « Tout est sous contrôle ! » – de ce dernier recueil de nouvelles de Françoise Pirard nous donne le ton de l’ironie et de la duplicité qu’elle décortique délicatement dans vingt histoires où truculence, mystère et intimes dévoilements se resserrent dans un style où jubilation et mélancolie vont ambedui.
François Pirart a déjà publié nombre de romans et de nouvelles et s’occupe par ailleurs de suivis autobiographiques qui lui donnent certainement de nombreuses matières dans le domaine de l’intime, de la famille et des épisodes de la vie de nos contemporains. Son talent fait de ce recueil une rhapsodie drôle et généreuse…
Ça se passe un peu partout, en maison de repos, en famille, dans les cercles du pouvoir, là où jouent les hommes dans la cour des simulacres et des faux-semblants. Là où ils souffrent et sont prisonniers de leurs propres personnages ou de leurs fantômes.
 « Grâce féline » nous invite à suivre les effarements, l’inquiétude de cet homme qui sent la réalité lui glisser entre les doigts ; « Le Directeur est absent » se joue avec une réelle ironie politique sous-jacente des élucubrations mystérieuses des personnages de la Confédération des associations, on s’y croirait, on jubile, mais non, ce n’est pas possible chez nous, alors que…
« Patience, mère des miracles » où la trivialité d’un vent, d’un pet échappé à l’insu… du personnage le renvoie dans un monde d’inquiétudes métaphysiques, d’excuses éternelles… Le corps a ses raisons…
Nous vivons un monde et une époque où nous constatons que… rien n’est sous contrôle : d’une pandémie à de nouvelles guerres soudaines, « le tout contrôle » n’est pas une dystopie mais bien l’ambition d’un monde où sécurité remplace dorénavant (avantageusement ?) liberté dans le meilleur des mondes.
Françoise Pirard le sait, elle est une écrivaine qui observe et note les secousses et essoufflements de notre monde. Souvent, dans ses romans et nouvelles, l’autrice développe une empathie forte avec ses personnages, qui autorise lectrices et lecteurs à prendre de singulières libertés avec… eux-mêmes.
« Il n’y a jamais eu de John. Vos amis n’ont jamais perdu d’enfant, cette histoire n’a germé que dans l’esprit dérangé de Jessica. Je la connaissais bien. Elle avait été mon élève jadis. Très jeune, elle fabulait déjà, s’inventait une autre vie. Je sais pas pourquoi, je lui ai un jour montré des photos de mon grand-père. C’est ce garçon que vous voyez là. Et elle m’a demandé de pouvoir les conserver. J’en avais certaines en double, j’ai cédé, j’aimais bien votre amie. Je ne me doutais pas que cela prendrait de telles proportions. »
On le voit, Françoise Pirard, tend des pièges, capture ses personnages et les regarde, comme des êtres de jeu mais aussi joués en permanence par de multiples ambiguïtés.
Vingt nouvelles de notre commune humanité sur l’état de nos illusions morales, sur ces terribles détournements de ce que l’on nomme toujours prudemment le réel.

Daniel Simon, Le Carnet et les Instants


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Avez-vous déjà croisé votre double, votre alter ego, mais qui aurait quinze voire quarante ans de moins ? Ou qui a commis un acte involontaire très embarrassant ? Ou aperçu un chat qui vole dans les airs tel un oiseau ? Dans ces vingt nouvelles, qui sont autant de moments captés sur le vif, il est également question d’un toboggan indésirable, d’un conférencier extravagant, de lettres anonymes, d’une mystérieuse cravate, d’une bourgeoise « prout ma chère », de fantômes bien tangibles, de retrouvailles nostalgiques devant un vieux kiosque, de désarrois littéraires ou amoureux… Chaque personnage, du plus sincère au plus cynique, du plus rêveur au plus terre-à-terre, trouve sa raison d’exister et, avec un peu de chance, peut-être même le bonheur absolu Françoise Pirart signe un recueil de récits brefs qui chahute les habitudes, à la fois drôle et surprenant, servi par une plume sympathique qui marie les mots pour un résultat positif.

Sam Mas, Bruxelles-Culture

Daniel Simon, Le Carnet et les Instants

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nterview dans la Baraque à Livres sur RCF Hauts de France
ICI


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