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Longtemps professeur de rhumatologie et de médecine physique à l’Université Libre de Bruxelles, le docteur Thierry Appelboom dirige aujourd’hui le Musée de la Médecine de l’hôpital Érasme.
Coraline Baligant et Hélène Bruyère, collaboratrices du musée, ont pris une part active à l'ouvrage.


Statue de Vésale





Vésale

Vésale, médecin de Charles Quint

Essai – beau livre
, 2015
En coédition avec le Musée de la Médecine
de l'Université Libre de Bruxelles


120 pages en couleurs – plus de 200 illustrations
Couverture cartonnée
ISBN: 978-2-8070-0044-5

(E-books :
PDF : 978-2-8070-0045-2
ePub : 978-2-8070-0046-9
25,00 EUR

André Vésale a connu la renommée en publiant des travaux d’anatomie sur un mode novateur, en fréquentant les pionniers de l’Art de guérir, mais aussi, ce que l’on sait moins, en pratiquant sur le terrain comme médecin et comme chirurgien de l’empereur et des grands de son époque. Il est certain qu’il est un des pères de l’anatomie moderne. Son œuvre majeure, De Humani Corporis Fabrica, illustre ses qualités d’anatomiste comme de clinicien. Il a utilisé dans sa pratique clinique son expertise du fonctionnement du corps humain acquise au travers de ses dissections, mais aussi les connaissances médicales transmises par les Arabes et les nouvelles plantes médicinales venues du Nouveau Monde. Prônant l’observation plutôt que l’argumentation enseignée et pratiquée par les médecins scolastiques des universités, il en est revenu à la notion que le progrès en médecine dépend de la rigueur des méthodes scientifiques et qu’en connaissant mieux la nature on peut la contrôler. Ce qui a fait de lui à son époque un grand pionnier du progrès de la pensée médicale. C’est pourquoi sa réputation s’est transmise au cours des siècles.
L'ouvrage, abondamment illustré, est publié à l'occasion d'une exposition homonyme au Palais du Coudenberg de Bruxelles (ex-palais de Charles Quint).


Extraits

À la Renaissance, la médecine s’inspire des écrits de l’Antiquité qu’elle retrouve. Elle ne dépasse pas Galien et explique tout par les humeurs et les tempéraments. Pour traiter, c’est Contraria Contrariis curantur. Elle reste aux raisonnements scolastiques de comparaison et de dialectique aristotélicienne qui utilisent des syllogismes simples. Néanmoins, elle utilise davantage l’observation pour lutter contre le dogmatisme, elle tient compte des propriétés du sang des saignées (couleur, odeur, coagulabilité…) et s’intéresse à la salive et à l’urine. L’émancipation de la médecine commence avec l’anatomie, car pour aller plus loin et comprendre le fonctionnement du corps, les notions et les bases de l’expérimentation manquent. Pour situer sur quoi se fonde la médecine de Vésale, il est important d’expliquer quel enseignement recevait le médecin et ainsi de mettre en valeur et comprendre sa démarche et le côté révolutionnaire de sa pensée et de sa pratique.


*

Comme neuf autres générations de sa famille, Charles Quint présente du prognathisme, une affection héréditaire, transmise sur un mode autosomique dominant, le sexe masculin étant plus sévèrement atteint et lui-même encore davantage. Le professeur R. Mayer (stomatologue) remarque que ses portraits le montrent avec une lèvre inférieure pendante, un nez élargi, une arête nasale fine et proéminente, une hypoplasie du maxillaire, un aplatissement des joues et une légère éversion des paupières inférieures. Même si sa longue barbe lui sert à masquer sa mâchoire, la prognathie lui donne un aspect brutal et puissant.
Déjà à l’âge de 17 ans, il est décrit avec un visage long et maigre, laissant la bouche ouverte, la lèvre inférieure toujours pendante, mais il a la figure décorative, gracieuse et majestueuse.
En 1521, l’Ambassadeur vénitien Gasparo Contarini décrit également son physique : « Aucune partie du corps n’était à critiquer en lui si ce n’est le menton et bien plus, la mâchoire inférieure qui était si large et si longue qu’elle ne paraissait l’espace d’une grosseur d’une dent. Aussi en parlant et surtout en achevant son discours il y avait quelques paroles qu’il balbutiait et que souvent on n’entendait pas naturelle mais postiche d’où il résultait que lorsqu’il fermait la bouche, il ne pouvait joindre les dents d’en bas avec celles d’en haut mais il restait entre elles pas très bien. » 1
Le professeur R. Mayer rappelle aussi que, dans la famille des Habsbourg, vingt-cinq membres sont atteints de prognathie mandibulaire, comme son père Philippe le Beau, son grand-père Maximilien Ier, leurs petits-enfants, sa tante Marguerite d’Autriche, son fils Philippe II… Ce qui peut s’expliquer par les nombreux mariages consanguins (9 sur 5 générations).
Sa longue mâchoire a dû entraîner des problèmes dentaires, des difficultés pour parler et se nourrir. On a également dit qu’il aurait perdu ses dents lors d’un accident de la route en Allemagne en 1550 et que, depuis, il lui était presque impossible de mastiquer la nourriture. Une autre explication serait le vif argent riche en mercure utilisé contre la vérole, qu’on lui aurait administré par la bouche, sous la forme de fumigations et de frictions, et qui entraînait des chutes de dents, des gingivites, et une haleine fétide.



Ce qu'ils en ont dit





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